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intervention du père S. Naudin

En préparant cette soirée de prière pour les malades et dans le cadre de l’événement du huitième centenaire de la naissance de saint Louis, il nous est apparu judicieux d’entendre l’Evangile de saint Jean relatant le geste du Lavement des pieds par Jésus à ses disciples, et de le faire concrètement. Saint Louis a fait ce geste si fort, si symbolique pour marquer, affirmer sa configuration au Christ serviteur, son désir de lui ressembler, de l’imiter. A travers ce geste, saint Louis voulait signifier le sens du service poussé à son maximum. Toute société, tout groupe est construit sur le modèle d’une pyramide : au sommet, il y a les puissants, les riches, les intelligents appelés à guider. A la base, il y a les exclus, les inutiles, qui ont une maladie mentale ou physique. Ils sont marginalisés. Ici Jésus prend la dernière place, celle de l’esclave. Jésus est venu transformer le modèle de la société d’une pyramide en un corps où chacun a sa place, quels que soient ses dons ou ses handicaps, où chacun est dépendant des autres et en communion avec eux.

Malheureusement, les communautés chrétiennes reflètent souvent le modèle d’une pyramide plutôt que celui d’un corps. Saint Louis a réagi de façon forte et pourtant simple comme d’autres saints l’ont fait au cours de l’histoire de l’Eglise. Il ne s’en est pas pris à l’institution, mais il a pris au sérieux l’appel à la pauvreté et l’engagement envers les pauvres contenus dans le message de Jésus. Les disciples de Jésus, c’est-à-dire nous, sommes tiraillés par ce paradoxe. Bergers, professeurs, responsables, sont nécessaires. Ils ont un pouvoir mais comment l’exercer dans l’esprit de l’Evangile ?

Le besoin de pouvoir, de reconnaissance, et d’honneurs, peut saper le message de Jésus et mener sur un chemin de compromis avec les valeurs de la société.

Le message de Jésus est clair : demeurer proche des gens , en particulier de ceux qui sont seuls, faibles, et dans le besoin, devenir leur ami, leur frère, leur sœur , entrer en communion avec eux. Nous ne pouvons pas tous vivre avec les pauvres de notre ville, ni être proches des plus opprimés, mais chacun de nous peut devenir l’ami d’une personne faible, isolée, ou bien malade.

Après avoir dit à ses disciples qu’ils devaient eux aussi se laver les pieds les uns aux autres. Jésus ajoute : «  Bienheureux êtes-vous si vous le faites. »

Cette bénédiction implique une abondance de joie, une béatitude, une participation à la joie de Dieu. Si nous choisissons de prendre la dernière place , si nous nous mettons humblement au service les uns les autres, Dieu nous bénit. Nous devenons comme Dieu et le cœur débordant d’amour nous transmettons l’amour de Dieu